Tour d'Espagne
Tour d'Espagne - Nîmes et une ville espagnole pour la Vuelta Photo : @Nimes

Tour d'Espagne - Nîmes et une ville espagnole pour la Vuelta

En 2017, tout commence à Nîmes pour les coureurs de la Vuelta. Chris Froome, Romain Bardet, Alberto Contador, Fabio Aru et autres stars des grands tours commenceront là leur campagne pour la victoire finale. Lors d'un contre-la-montre par équipes, ils vont parcourir la cité sudiste et ses principaux monuments. Mais pourquoi faire partir le Tour d'Espagne de cette préfecture française ? Loin d'être arbitraire, ce choix est logique, tant les liens culturels, économiques, démographiques, entre Nîmes et l'Espagne sont forts. La "Petite Rome", avec ses sept collines, y voit aussi l'occasion de briller sur la scène internationale, elle qui est candidate à figurer au patrimoine mondial de l'UNESCO.

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Nîmes a déjà l'accent espagnol 

Lors de la Vuelta, Nîmes a prévu de se mettre, plus que jamais, à l'heure espagnole. Restaurants, commerces, tunas, bandas et autres animations diurnes et nocturnes rythmeront la vie de la cité du 17 au 20 août. Mais ce ne sera pas que des festivités de façades, tant la ville est pétrie de culture espagnole. L'ancienne région Langeudoc-Roussillon, où était située la ville de Nîmes, entretenait avec l'Espagne des liens économiques et culturels depuis belle lurette. La ville « avé l'accent » a été fondée par l'empire romain, et faisait donc partie de la même entité que l'Espagne, qui appartenait elle aussi à cette ère immense. Dès le neuvième siècle, rappelle Julien Jacques dans un Mémoire soutenu en Sorbonne : "L'Espagne en France. Les centres culturels espagnols dans l'Hexagone au XXe siècle", les Carolingiens avaient fait appel aux populations espagnoles pour repeupler le Languedoc et le Roussillon, rendus exsangues par les guerres. Ensuite, les immigrations de la France à l'Espagne n'ont jamais cessé : des Français sont allés peupler les terres reprises aux musulmans, des Juifs marranes sont venus fuir la très catholique Espagne au seixième, des contre-révolutionnaires ont fui vers la péninsule, et ainsi de suite, jusqu'à l'époque récente de Franco.

Dans les années 1970, c'est autour de 600 000 personnes qui se sont déplacées vers la France. Cette immigration se lit dans les toponymes : ainsi y a-t-il un "Chemin du Quartier d'Espagne" et une "Cité des Espagnols" . A 229 kilomètres de la frontière espagnole, a ainsi tissé avec le pays voisin des liens étroits : la Feria, la controversée Corrida qui s'est ajoutée aux cultures taurines camarguaises, les tapas… C'est tout le mode de vie du Nîmois qui est profondément espagnol. Le lien est aussi intellectuel : au 19ème siècle, l'Espagne est devenue pour de nombreux écrivains, artistes compositeurs une source d'inspiration, et Carmen est sans doute l'opéra le plus joué dans les Arènes de la ville gardoise.  

La Vuelta : un intérêt stratégique

Le Maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, a expliqué au Midi Libre le 31 juillet que Javier Guillén, l'organisateur de la Vuelta, a "eu un coup de foudre pour la ville"  qui a donné naissance au projet. S'il y a eu des voix réticentes pour fustiger le coût de l'opération, le Maire estime lui que la ville, qui veut développer le tourisme et pousser les gens à rester une nuitée voire davantage en ses murs, va sortir gagnante de l'opération : "L'hôtellerie et la restauration seront les premiers secteurs à profiter du passage de La Vuelta. En effet, les 22 équipes et 198 coureurs, accompagnés de leurs équipes techniques, ainsi que les 1 500 personnes qui forment la caravane, s'installeront dans la cité dès le 14 août. On prévoit 10 000 nuits d'hôtels.  À la différence du Tour de France, les équipes techniques n'ont pas de cantine. Elles vont donc se restaurer dans la ville. Nous attendons aussi entre 300 000 et 400 000 visiteurs censés dépenser 25 euros par jour en moyenne, ce qui permet d'estimer les revenus générés par les spectateurs à 7,5 millions d'euros". Les belles images attendues vont aussi susciter l'envie de venir dans la préfecture gardoise, qui a longtemps eu la réputation d'une ville pauvre et peu sûre. La façade des quartiers, très difficile, et de leurs grandes tours visible depuis l'autoroute en venant d'Espagne, va disparaître devant la belle vitrine d'un centre ville embelli par les travaux . "Nîmes partagera la richesse de son patrimoine exceptionnel dans plus de 190 pays. Les images vont voyager à travers le monde et peut-être toucher ou donner envie à 2,6 millions de téléspectateurs de venir découvrir la ville. Les Arènes et la Maison Carrée font partie des monuments les mieux préservés, ce coup de projecteur est une aubaine pour le tourisme." a assuré le maire de Nîmes, qui ne perd pas de vue son objectif : faire classer la ville au Patrimoine Mondial de l'UNESCO : "La Vuelta représente in fine un outil de promotion internationale qui souligne la capacité de la ville à accueillir des événements d'envergure. Un tour de piste qui, nous l'espérons, jouera en faveur de la candidature de Nîmes pour le classement au Patrimoine mondial de l'UNESCO".

 

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Publié le par Clémence LACOUR


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